L'affiche rouge - Louis Aragon & Léo Ferré
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L'affiche rouge - Louis Aragon & Léo Ferré
L'AFFICHE ROUGE
Paroles : Louis Aragon Musique : Léo Ferré (1961)
"Strophes pour se souvenir" dans - Le Roman inachevé -
Ce qu'on appelle "L'AFFICHE ROUGE" est une affiche placardée le 21 février 1944, à des miliers d'exemplaires sur les murs de Paris à l'initiative du gouvernement de Vichy et de l'occupant nazi visant à assimiler ces résistants à des terroristes étrangers d'origine juive, commandés par l'étranger. Elle fait état de l'exécution, le jour même au mont Valérien, de 23 terroristes membres d'un groupe de FTP (francs-tireurs partisans) dirigé par Missak Manouchian. L'Affiche rouge montre le visage de 10 d'entre eux.
Parmi les milliers les noms des résistants assassinés par les nazis pendant l'Occupation, ceux des vingt-trois de l'Affiche rouge sont entrés dans la mémoire collective à cause de l'Affiche aux couleurs de sang et aussi parce que Aragon, après Éluard, en fit un poème, mis en musique par Jean Ferrat et chanté par Léo Ferré.
Vous n'aviez réclamé la gloire ni les larmes
Ni l'orgue ni la prière aux agonisants
Onze ans déjà que cela passe vite onze ans
Vous vous étiez servi simplement de vos armes
La mort n'éblouit pas les yeux des Partisans
Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
L'affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu'à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants
Nul ne semblait vous voir français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l'heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos "Morts pour la France"
Et les mornes matins en étaient différents
Tout avait la couleur uniforme du givre
A la fin février pour vos derniers moments
Et c'est alors que l'un de vous dit calmement
Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre
Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand
Adieu la peine et le plaisir Adieu les roses
Adieu la vie Adieu la lumière et le vent
Marie-toi sois heureuse et pense à moi souvent
Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses
Quand tout sera fini plus tard en Erévan.
Un grand soleil d'hiver éclaire la colline
Que la nature est belle et que le coeur me fend
La justice viendra sur nos pas triomphants
Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline
Et je te dis de vivre et d'avoir un enfant
Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient leur coeur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois, amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s'abattant
*
Dernière édition par Gil Def le Lun 31 Mar - 12:52, édité 6 fois
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