29. Les poèmes courts

Aller en bas

29. Les poèmes courts

Message  Gil Def le Lun 31 Déc - 12:08

.


LEXIQUE POETIQUE

- LES POEMES COURTS -





L'ÉPIGRAMME

Chez les Grecs, l'épigramme est le plus court des genres littéraires puisqu'elle consiste, selon l'étymologie, en une inscription. Les Grecs en ornaient les tombeaux, statues, monuments, ex-voto. Les Latins furent les premiers à lui donner une destination satirique ou moqueuse. En France, c'est surtout à l'époque classique qu'à la faveur des polémiques et d'une certaine promotion de l'esprit l'épigramme s'est spécialisée dans l'attaque à bout portant jusqu'à devenir un genre poétique, une miniature de la satire.

Exemple

LA CENE

"Ils sont à table
Ils ne mangent pas
Ils ne sont pas dans leur assiette
Et leur assiette se tient toute droite
Verticalement derrière leur tête."

Jacques Prévert - Paroles -


LE VALENTIN

Le Valentin, est un madrigal épigrammatique écrit par une jeune fille à l'ami de son choix ou, inversement, par le jeune homme à celle qui l'a désigné, – et par extension, un billet, une déclaration d'amour, un reproche amoureux.
Il est probable que ce genre de poème est né à l'ancienne coutume selon laquelle la jeune fille choisissait, le 14 février, jour de la Saint-Valentin, un jeune homme de son goût, qui était tenu de lui offrir un présent et, parfois, semble-t-il, quelques lignes ou vers de sa composition.


LE MONOSTIQUE

Le Monostique est un épigramme, une inscription, un poème composé d'un seul vers.

Exemple
Apollinaire résume, dans un monostique, conçu à la manière d'un Haïku, la rumeur de la mer et la belliqueuse monotonie de ses flots enchaînés:

Et l'unique cordeau des trompettes marines


L'ÉPITAPHE

Une épitaphe vient du grec et signifie « qui se célèbre sur un tombeau ». C'est donc une inscription funéraire, placée sur une pierre tombale ou un monument funéraire.
En littérature française, l'épitaphe est aussi un genre littéraire rimé : c'est surtout ce que l'on aimerait inscrire sur la pierre tombale de quelqu'un que l'on admire, ou, au contraire, que l'on n'apprécie guère.

Exemples d'épitaphes célèbres

Thalès (625 - 547 av. J.-C.)
Petit est ce tombeau, mais au ciel va sa gloire.
Regarde, c'est celui de Thalès, grand esprit.

Richelieu (1585-1642) :
Cy-gist, oui, gist, par la mort-bleu !
Le cardinal de Richelieu ;
Et ce qui cause mon ennui,
Ma pension avec lui.
Ci-gît un fameux Cardinal
Qui fit plus de mal que de bien
Le bien qu'il fit, il le fit mal
Le mal qu'il fit, il le fit bien.
(par Isaac de Benserade, académicien 1612-1691)

Jean de la Fontaine (1621 - 1695)
Jean s'en alla comme il était venu,
Mangeant son fonds après son revenu,
Croyant le bien chose peu nécessaire.
Quant à son temps bien sut le dispenser,
Deux part [il] en fit, dont il soulait passer,
L'une à dormir, et l'autre à ne rien faire.

Alfred de Musset (1810 -1857) :
Mes chers amis, quand je mourrai,
Plantez un saule au cimetière.
J'aime son feuillage éploré;
La pâleur m'en est douce et chère
Et son ombre sera légère
A la terre où je dormirai.

Francis Blanche (1921 - 1974), par lui-même :
Laissez-moi dormir ! J'étais fait pour ça !

Groucho Marx (1890-1977) :
Je vous l'avais bien dit que j'étais malade !




_________________
La poésie, c'est les paroles éparses du réel (Octavio Paz)
avatar
Gil Def
Admin

Masculin
Nombre de messages : 1750
Age : 68
Localisation : Nord de la France
Date d'inscription : 16/11/2007

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum