40. Style : l'anacoluthe

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40. Style : l'anacoluthe

Message  Gil Def le Mar 8 Jan - 10:37

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LEXIQUE POETIQUE

- STYLE : L'ANACOLUTHE -





INTRODUCTION A PROPOS DES FIGURES DE STYLE

Une figure de style est une manière de s'exprimer. Elle modifie le langage ordinaire pour le rendre plus expressif. Il existe des figures d'analogie, d'animation, de substitution, de pensée, d'opposition, de construction, de sonorités, d'insistance et d'atténuation.

Nous traitons ici de figures concernant la construction des phrases.


L'ANACOLUTHE

L’anacoluthe est une rupture dans la construction syntaxique d’une phrase. L'enchaînement attendu sur un plan grammatical est remplacé par un autre. Il y a donc discontinuité syntaxique mais non rupture du lien logique.

D’un point de vue grammatical, l’anacoluthe est considérée comme fautive puisqu’elle contrevient aux normes grammaticales.

Cet écart par rapport à une norme lui confère une certaine expressivité, d’où son emploi comme figure de style.
Ainsi, l’anacoluthe est utilisée à des fins stylistiques pour créer un effet de surprise ou pour désorienter le lecteur. Certains auteurs en usent pour imiter la langue parlée ou pour traduire le caractère décousu du monologue intérieur.

Exemples :

"Le nez de Cléopâtre, s’il eût été plus court, toute la face de la terre aurait changé." (Pascal)

Forme grammaticale attendue : Si le nez de Cléopâtre eût été plus court, toute la face de la terre aurait changé.
Effet probable : La grande surprise > l'histoire du monde dépendrait de la longueur du nez de Cléopâtre

"...
Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer ;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher."
(Baudelaire - L'albatros)

Forme grammaticale attendue : Exilé sur le sol au milieu des huées, l'albatros a des ailes de géant qui l'empêchent de marcher.
Effet probable : Insistance sur une caractéristique de l'albatros, ses grandes ailes qui le rendent impuissant à marcher et presque ridicule.

"Comprenne qui voudra
Moi mon remords ce fut
La malheureuse qui resta
Sur le pavé ... " (Paul Eluard - "Comprenne qui pourra")

Forme grammaticale attendue : Moi j'ai un remords pour la malheureuse qui resta sur le pavé.
Effet probable : L'amplification > c'est un remords très fort, et qui n'est pas partagé par tous




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