La complainte de Mandrin - Anonyme par Yves Montand

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La complainte de Mandrin - Anonyme par Yves Montand

Message  Gil Def le Mar 8 Jan - 17:45

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LA COMPLAINTE DE MANDRIN

Paroles et musique : Anonyme
Interprète : Yves Montand




L'HISTOIRE DE LOUIS MANDRIN

Louis Mandrin (1725-1755) fut un célèbre "brigand" dauphinois de l'Ancien Régime. Aîné de neuf enfants, il devient chef de famille à 17 ans, à la mort de son père. En 1753, suite à une rixe mortelle, Louis Mandrin et son ami Benoît Brissaud sont condamnés à mort. Mandrin est en fuite, mais son ami est pendu. Le même jour Pierre Mandrin, son frère, est pendu pour faux-monnayage.
Louis Mandrin déclare alors la guerre aux fermiers généraux qui sont honnis par la population. Ces fermiers généraux prélèvent les taxes sur les marchandises, abusent du système et accumulent des richesses incroyables en ne reversant au Roi qu'une partie de ce qu'ils ne prélèvent.
Mandrin entreprend la contrebande de marchandises entre la Suisse, la France et la Savoie, alors souveraine. Il devient vite le chef d'une bande de 300 personnes. En 1754, il organise six campagnes. Ne s'attaquant qu'aux impopulaires fermiers généraux, il reçoit rapidement le soutien de la population.
La Ferme générale exaspérée demande le concours de l'armée du Roi pour l'arrêter. Après bien des péripéties, Mandrin est trahi, arrêté, jugé et exécuté à Valence, devant 6000 curieux. C'est alors le début de la légende du bandit justicier.

LA COMPLAINTE DE MANDRIN

La complainte de Mandrin est une chanson populaire issue d'un opéra de Favart, lui même emprunté à Rameau. L'auteur des paroles de la chanson composée en 1733 est resté anonyme. A la mort de Mandrin, cette chanson s'est répandue notamment par le biais des colporteurs. La version que nous connaissons aujourd'hui est un peu postérieure à sa composition puisqu'elle date du XIXe siècle.













Nous étions vingt ou trente
Brigands dans une bande
Tous habillés de blanc
A la mode des, vous m’entendez . . . .
Tous habillés de blanc
A la mode des marchands.

La première volerie
Que je fis dans ma vie,
C’est d’avoir goupillé
La bourse d’un, vous m’entendez. . . .
C’est d’avoir goupillé
La bourse d’un curé.

J’entrais dedans la chambre,
Mon Dieu, qu’elle était grande !
J’y trouvais mille écus,
Je mis la main, vous m’entendez. . . .
J’y trouvais mille écus,
Je mis la main dessus.

J’entrais dedans une autre,
Mon Dieu, qu’elle était haute !
De robes et de manteaux,
J’en chargeais trois, vous m’entendez. . . .
De robes et de manteaux,
J’en chargeais trois chariots.

Je les portais pour vendre,
A la foire en Hollande.
J’les vendis bon marché,
Ils ne m’avaient rien, vous m’entendez. . . .
J’les vendis bon marché,
Ils ne m’avaient rien coûté.

Ces Messieurs de Grenoble,
Avec leurs longues robes,
Et leurs bonnets carrés,
M’eurent bientôt, vous m’entendez. . . .
Et leurs bonnets carrés,
M’eurent bientôt jugé.

Ils m’ont jugé à pendre,
Ah ! c’est dur à entendre !
A pendre et étrangler,
Sur la place du, vous m’entendez. . . .
A pendre et étrangler,
Sur la place du marché.

Monté sur la potence,
Je regardais la France,
J’y vis mes compagnons,
A l’ombre d’un, vous m’entendez. . . .
J’y vis mes compagnons,
A l’ombre d’un buisson.

Compagnons de misère,
Allez dire à ma mère,
Qu’elle ne me reverra plus,
J’suis un enfant, vous m’entendez. . . .
Qu’elle ne me reverra plus,
J’suis un enfant perdu.








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