Préalable à l'étude des mouvements poétiques

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Préalable à l'étude des mouvements poétiques

Message  Gil Def le Mar 1 Avr - 17:55


ECOLES ET COURANTS ARTISTIQUES OU POETIQUES

PREALABLE



C’est peut être un trait de l’esprit français de vouloir absolument classer les artistes en général, les auteurs et poètes en particulier dans des "écoles", ou dans des mouvements et d’en mesurer l’influence sur telle ou telle époque, sur tel ou tel artiste, sur tel ou tel auteur ou poète.
Cela remonte peut être à la Renaissance et pour la poésie, c’est peut être à cause de Ronsard qui forme sa "Brigade" de poètes au moment où il initie avec ses compagnons l’écriture poétique en français. Paradoxalement, les noms de ces prétendues écoles sont parfois donnés par les détracteurs des artistes qui seraient leurs initiateurs comme c’est le cas de la "Brigade" de Ronsard raillé par les protestants et devenant la Pléiade.
L’art ne serait-il chez nous qu’une question de mode, comme un écho à cette chanson enfantine "Savez-vous planter des choux à la mode de chez nous ? "
La réalité des évolutions artistiques ou littéraires me semble bien plus complexe, dans un rapport dialectique entre des époques, des mœurs, des mentalités et des œuvres artistiques.

Chaque artiste, chaque auteur, chaque poète possède une histoire personnelle, brève ou longue, heureuse ou malheureuse. Sa conception de la vie, de la condition humaine, est changeante avec l’âge, et en fonction des aléas de sa propre vie. Il s’y complait ou il s’en plaint ou il s’en sert ou il s’en échappe.
Il est aussi plus ou moins impliqué dans l’histoire sociale et collective, participant, ou résistant ou étranger aux courants d’une époque. Chacun a aussi une culture et une approche différentes de l’art, de l’écriture. Il y vient tôt ou tard, il s’y implique de multiples façons souvent dans la passion, et parfois dans l’excitation, l’exaltation, mais aussi dans la confusion, l’insatisfaction, voire la désillusion ou la dérision.
L’un peut être lettré, grandement instruit de l’héritage des anciens, fortement influencé par ceux qui l’ont précédé, ou par ceux qu’ils côtoient, il peut se plaire à la reproduction, à l’imitation, à la perfection de ce qui existe déjà. L’autre peut vouloir innover sans le pouvoir vraiment ; un autre encore, plus intuitif, plus instinctif, peut innover, parfois sans le savoir sur le moment ou de son vivant. Et puis il y a chez chaque artiste comme plusieurs signatures, des évolutions, des interrogations, des distorsions, des abandons, des aventures, des ouvertures ou des ruptures qui se font par des événements extérieurs, des hasards, des rencontres, des chocs, des recherches intérieures.
Dans mes lectures et quelques études, je me rends compte que bien des artistes, des auteurs, des poètes furent en leur temps ignorés, totalement incompris, dénoncés, condamnés comme immoraux, scandaleux, puis abandonnés pendant un ou plusieurs siècles, puis en d’autres temps encore, adulés de façon exagérée, pour ne pas dire idolâtrés. A l’inverse, certains furent admirés en leur temps, comblés d’honneurs et de titres en tous genres, placés au rang d’immortels, pour tomber finalement dans l’oubli à moins qu’un jour, quelqu’un ou une autre époque ne changent de nouveau l’éclairage sur leurs œuvres.

J’aime finalement cette idée que tout artiste, tout auteur ou poète qui compte est inclassable. C’est peut être un défricheur, un pionnier, un inventeur, parfois iconoclaste; c’est peut être un successeur, un élève dépassant le maître, le pratiquant le meilleur d’une voie artistique, littéraire, ou poétique aux talents plus larges, plus vastes; c’est peut être un instructeur, un vulgarisateur; c’est peut être un révélateur. Chacun a le mérite d’être une parcelle de l’histoire de l’art, de la littérature ou de la poésie, et d'être aussi une parcelle de nous-mêmes. Tout, finalement tout, revient au spectateur ou au lecteur, admirateur ou détracteur, qui est aussi créateur.

Etudier les écoles et mouvements artistiques, littéraires ou poétiques est-il donc inutile ? Ca ne l’est pas si cette étude se fait de façon large, avec pour toile de fonds l’histoire, les grands événements, les mœurs, les mentalités, les connaissances et les croyances des différentes époques. Il faudrait de là mettre en évidence l’originalité des œuvres, leur importance, en concordance ou en discordance par rapport à leur époque, aux courants de pensée dominants, et peut être leur humanité, leur modernité ou leur universalité
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Gil DEF. Dernière mise à jour : 1er avril 2008

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