11. Le verset

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11. Le verset

Message  Gil Def le Lun 26 Nov - 14:45

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LEXIQUE POETIQUE

- LE VERSET -





DEFINITION

Le verset est une unité de l'ordre du paragraphe qui excède la ligne et marquée à son début par un alinéa.

HISTORIQUE

Ce type d'écriture tire son origine de la Bible. Il appartient donc souvent au domaine de l'invocation. Ils furent introduits notamment par Paul Claudel et Saint-John Perse.

REMARQUES

On pourrait dégager trois caractéristiques du verset : le verset est distinct du vers, il est long, il est irrégulier.
La découpe du verset n'est pas toujours celle de la prose. Si un verset peut contenir plusieurs phrases, une phrase peut inversement s'étendre sur deux ou plusieurs versets.

Exemple :

"Vierge, patronne et mère de cette maison,
Répondante et protectrice de cet homme dont le cœur vous est pénétrable plus qu’à moi et compagne de sa longue solitude,
Alors si ce n’est pas pour moi, que ce soit à cause de lui,
Puisque ce lien entre lui et moi n’a pas été mon fait, mais votre volonté intervenante :
Empêchez que je sois à cette maison dont vous gardez la porte, auguste tourière, une cause de corruption (Paul Claudel)

Certains spécialistes distinguent :
- Le verset métrique comportant des segments rythmiques identifiables
- Le verset cadencé qui opère sur des segments syntaxiques de taille variable
- Le verset amorphe qui ne présente pas de distribution notable de ses éléments

Mais l'usage du verset n'est régi par aucun code, ou défini par aucun art poétique. Chaque poète qui fait sienne cette forme poétique, emploie le verset dans un usage qui lui est propre.

Exemple : ELOGES

... Puis ces mouches, cette sorte de mouches, et le dernier étage du jardin... On appelle. J'irai... Je parle dans l'estime.

— Sinon l'enfance, qu'y avait-il alors qu'il n'y a plus ?

Plaines ! Pentes ! Il y

avait plus d'ordre ! Et tout n'était que règnes et confins de lueurs. Et l'ombre et la lumière alors étaient plus près d'être une même chose... Je parle d'une estime... Aux lisières le fruit

pouvait choir

sans que la joie pourrît au rebord de nos lèvres.

Et les hommes remuaient plus d'ombre avec une bouche plus grave, les femmes plus de songe avec des bras plus lents.

... Croissent mes membres, et pèsent, nourris d'âge ! Je ne connaîtrai plus qu'aucun lieu de moulins et de cannes, pour le songe des enfants, fût en eaux vives et chantantes ainsi distribué... À droite

on rentrait le café, à gauche le manioc

(ô toiles que l'on plie, ô choses élogieuses !)

Et par ici étaient les chevaux bien marqués, les mulets au poil ras, et par là-bas les bœufs ;

ici les fouets, et là le cri de l'oiseau Annaôhapax, mot
qu'on ne rencontre
qu'une seule fois
dans la langue - et là encore la blessure des cannes au moulin.

Et un nuage

violet et jaune, couleur d'icaqueune prune, s'il s'arrêtait soudain à couronner le volcan d'or,

appelait-par-leur-nom, du fond des cases,

les servantes !

Sinon l'enfance, qu'y avait-il alors qu'il n'y a plus ?..


Saint-John Perse (1887-1975)




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