18. Le rythme : concordance, discordance

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18. Le rythme : concordance, discordance

Message  Gil Def le Ven 30 Nov - 18:23

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LEXIQUE POETIQUE

- LE RYTHME : CONCORDANCE, DISCORDANCE -





UNE NOTION DIFFICILE A DEFINIR

Même si chacun perçoit de façon intuitive la pertinence de la notion de rythme, il faut dire que cette notion divise les spécialistes et les théoriciens qui peuvent donner au mot rythme bien des sens différents.

DEUX NOTIONS IMPORTANTES

Deux notions apparaissent pourtant essentielles pour définir le rythme :
- La métrique selon la longueur des vers et la nécessité de la césure :
Pour les vers de moins de huit syllabes, il n'y en a pas.
Pour les vers de huit syllabes, elle n'est ni fixe, ni obligatoire.
Pour les vers de plus de huit syllabes, elle est nécessaire.
- L'organisation syntaxique qui n'est pas fixe et qui guide le repérage des accents, et des coupes.


LA CONCORDANCE

La poésie classique considère longtemps comme une nécessité la concordance des articulations métriques avec les articulations grammaticales.
Cette concordance doit s'appliquer surtout la fin du vers et la césure de l'hémistiche.

Dans un tel système, les deux éléments de structure se renforcent l'un l'autre.

Le règle de cette règle induit des découpages syntaxiques différents des découpages habituels de la phrase par l'ellipse, ou l'inversion par exemple.

Exemple :
Dans la phrase normale
"Le Ciel / approuvait / l'innocence / de leurs soupirs"

Dans cette phrase normale, on compte 13 syllabes.
L'articulation grammaticale 2+3+4+4 se fait sans coïncider avec l'articulation métrique.

"Le Ciel / de leurs soupirs // approuvait / l'innocence" (Racine)

Grâce à l'inversion du groupe "de leurs soupirs", Racine retrouve l'alexandrin, et la coîncidence à la césure de l'articulation métrique et de l'articulation grammaticale.


LA DISCORDANCE

Dès la fin du XVIIIe siècle, bien des poètes vont montrer les pouvoirs esthétiques de la discordance, en utilisant notamment des prolongements externes au-delà du vers, ou internes au-delà de la césure.

Exemple
"Ainsi, / quand je serai perdu / dans la mémoire"
"Ainsi, / quand je serai // perdu / dans la mémoire"(Baudelaire)

La discordance avec l'articulation grammaticale normale met en valeur le mot "perdu" par son rejet interne dans le second hémistiche.

"Je répondrai Madame avec la liberté
D'un soldat qui sait mal farder la vérité" (Racine)

La phrase s'étend sur deux vers, notamment le groupe syntaxique "avec la liberté d'un soldat".


REMARQUE IMPORTANTE

Avec l'évolution de la poésie moderne, et surtout avec la libération de l'écriture des règles métriques, la notion de rythme est d'autant plus difficile à dégager, ailleurs que dans les notions énoncées ci-dessus.



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