COUPS DE COEUR POETIQUES
Vous souhaitez réagir à ce message ? Créez un compte en quelques clics ou connectez-vous pour continuer.
Le Deal du moment :
Où trouver My Hero Academia Tome 31 collector ...
Voir le deal
13.50 €

A Monsieur Alphonse de Lamartine - Charles Augustin Sainte Beuve

Aller en bas

A Monsieur Alphonse de Lamartine - Charles Augustin Sainte Beuve Empty A Monsieur Alphonse de Lamartine - Charles Augustin Sainte Beuve

Message  Gil Def Mar 23 Fév - 16:41

A Monsieur Alphonse de Lamartine - Charles Augustin Sainte Beuve 721364 A Monsieur Alphonse de Lamartine - Charles Augustin Sainte Beuve 721364 A Monsieur Alphonse de Lamartine - Charles Augustin Sainte Beuve 721364


LES PHARES ET LES PASSERELLES

LES POETES, L’ART POETIQUE





A Monsieur Alphonse de Lamartine
Charles Augustin Sainte-Beuve


A Monsieur Alphonse de Lamartine - Charles Augustin Sainte Beuve Alphonse%20de%20Lamartine



Ô toi qui sais ce que la terre
Enferme de triste aux humains,
Qui sais la vie et sou mystère,
Et qui fréquentes, solitaire,
La nuit, d’invisibles chemins ;

Toi qui sais l’âme et ses orages,
Comme un nocher son élément,
Comme un oiseau sait les présages,
Comme un pasteur des premiers âges
Savait d’abord le firmament ;

Qui sais le bruit du lac où tombe
Une feuille échappée au bois,
Les bruits d’abeille et de colombe,
Et l’Océati avec sa trombe,
Et le Ciel aux immenses voix ;

Qui dans les sphères inconnues
Ou sous les feuillages mouillés,
Ou par les montagnes chenues,
Ou dans l’azur flottant des nues,
Ou par les gazons émaillés,

Pèlerin à travers les mondes,
Messager que Dieu nous donna,

Entends l’alcyon sur les ondes,
Ou les soupirs des vierges blondes,
Ou l’astre qui chante : Hosanna !

Sais-tu qu’il est dans la vallée,
Bien bas à terre, un cœur souffrant,
Une pauvre âme en pleurs, voilée,
Que ta venue a consolée
Et qui sans parler te comprend ?

J’aime tes chants, harpe éternelle !
Astre divin, cher au malheur,
J’aime ta lueur fraternelle !
As-tu vu l’ombre de ton aile,
Beau cygne, caresser la fleur ?

Est-ce assez pour moi que mon âme
Frémisse à ton chant inouï ;
Qu’écoutant tes soupirs de flamme,
Comme à l’ami qui la réclame,
Dans l’ombre elle réponde : Oui ;

Qu’aux voix qu’un vent du soir apporte
Elle mêle ton nom tout bas,
Et ranime son aile morte
À tes rayons si doux…, qu’importe,
Hélas ! si tu ne le sais pas ?

Si dans ta sublime carrière
Tu n’es pour elle qu’un soleil
Versant au hasard sa lumière,
Comme un vainqueur fait la poussière
Aux axes de son char vermeil ;


Non pas un astre de présage
Luisant sur un ciel obscurci,
Un pilote au bout du voyage
Éclairant exprès le rivage,
Un frère, un ange, une âme aussi !

Mais que tu saches qu’à toute heure
Je suis là, priant, éploré ;
Mais qu’un rayon plus doux m’effleure
Et plus longtemps sur moi demeure,
Je suis heureux… et j’attendrai.

J’attendrai comme un de ces Anges
Aux filles des hommes liés
Jadis par des amours étranges,
Et pour ces profanes mélanges
De Dieu quelque temps oubliés.

En vain leurs mortelles compagnes
Les comblaient de baisers de miel ;
Ils erraient seuls par les campagnes.
Et montaient, de nuit, les montagnes,
Pour revoir de plus près le Ciel ;

Et si, plus prompt que la tempête,
Un Ange pur, au rameau d’or,
Vers un monde ou vers un prophète
Volait, rasant du pied la tête
Ou de l’Horeb ou du Thabor,

Au noble exilé de sa race
Il lançait vite un mot d’adieu,
Et, tout suivant des yeux sa trace,
L’autre espérait qu’un mot de grâce
Irait jusqu’au trône de Dieu.



-  Vie, Poésies et Pensées de Joseph Delorme -








_________________
La poésie, c'est les paroles éparses du réel (Octavio Paz)
Gil Def
Gil Def
Admin

Masculin
Nombre de messages : 3237
Age : 72
Localisation : Nord de la France
Date d'inscription : 16/11/2007

Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum